samedi 7 janvier 2017 à 10h

Exposition "Labyrinthe-Fétiches" de Toma Muteba Luntumbue (jusqu'au 26 fev)

Dans le cadre de "Zoos Humains. L'invention du sauvage"

Une exposition de Toma Muteba Luntumbue conçue à partir des collections africaines de l'Université de Liège

Comment exposer des objets que la colonisation a arrachés à un continent pour les faire parvenir en Europe où ils furent tour à tour considérés comme des curiosités, des vestiges d'une civilisation sauvage et archaïque, des témoins de l'enfance de l'humanité, avant d'appartenir aux catégories
de l' « art nègre », des « arts primitifs » et, plus récemment, des « arts premiers » ?

Les logiques évolutionnistes et différentialistes qui ont dicté les choix muséographiques des musées d'histoire naturelle et des premiers musées d'ethnographie ont-elles réellement disparu ? Le regard sur l'autre a-t-il changé, y compris dans les musées qui, sous l'impulsion du primitivisme, ont contribué à la reconnaissance des arts de l'Afrique ?

Ces questions, qui portent sur l' évolution du regard porté sur les objets africains et leur représentation depuis le XIXe siècle jusqu'à l'époque post-coloniale, forment le point de départ de l'exposition Labyrinthe-Fétiches.

Conçue par l'artiste Toma Muteba Luntumbue à partir des collections africaines de l'Université de Liège, cette exposition nous invite à déambuler dans le labyrinthe des idées et des préjugés qui ont inspiré la collecte, l'étude, la muséalisation, puis la sacralisation d'objets désormais enfermés dans une « prison de sens ».

En reconstitant, dans l'espace de la Cité Miroir, les différents modes de classement et dispositifs de présentation des objets africains, Toma Muteba Luntumbue entend montrer combien leur présence muséale et leur artification les a définitivement privés de leur identité culturelle et de leur appartenance structurelle initiale.

Ce phénomène de patrimonialisation a non seulement changé le sens et le statut de ces objets, mais il en a fait de nouveaux fétiches. Ce terme, utilisé dès le XVIe siècle pour qualifier des artefacts cultuels rapportés d'Afrique et repris à l'époque coloniale pour désigner avec dédain la statuaire africaine, revit aujourd'hui à travers la dimension iconique et sacrée que l'on attribue à ce que l'on nomme, à tort, le « patrimoine africain ». Devenus intouchables, alors qu'ils sont parvenus à nous dans une situation d'arrachement, de violence et de mépris, les objets d'art africain sont à présent figés dans une autre histoire typiquement occidentale, celle du
« patrimoine mondial de l'humanité ».

Julie Bawin (Université de Liège),
Commissaire de l'exposition

Accessible en même temps que l'exposition Zoos Humains. L'invention du sauvage

Prix : 5€ - Tarif réduit : 3€ (groupes de min .10 pers. ,- de 26 ans, demandeurs d'emploi, citoyen de MNEMA, membre des Territoires de la Mémoire, carte Prof, article 27)

Source : message reçu le 9 décembre 09h

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