thème : Réflexion Organisé par :

vendredi 24 novembre 2017 à 9h

Projection-Conférence Fuocoammare

Film + Conférence : Fuocoammare

Réservation : simon.exleger@studenext.ulg.ac.be

Fuocoammare ("mer en feu") mène deux récits parallèles : d'abord le travail des personnels militaires et médicaux italiens de Lampedusa qui "réceptionnent", de jour comme de nuit, les coquilles de noix chargées de réfugiés venues d'Afrique, déjà à moitié submergées par les eaux, que les passeurs balancent au milieu de la Méditerranée comme si la 'mare nostrum' était une petite mare. Ensuite, la vie d'un petit garçon de l'île, Samuele, qui aime chasser les oiseaux avec son ami et son lance-pierre. Un jour, on découvre qu'il a un œil faible qu'il va falloir réveiller de sa léthargie.

L'originalité du film de Rosi repose sur l'apposition de ces deux univers, dont on constatera qu'ils ne se mélangent jamais - c'est semble-t-il conforme à la réalité, les esquifs des réfugiés étant désormais interceptés en mer, non seulement pour en sauver les occupants, mais aussi pour que le port ne devienne pas un centre d'attention. Lampedusa, l'île qui symbolise aujourd'hui le drame des migrants, est un lieu où les vivants et les survivants ne se croisent pas, où seule une moitié de sa réalité est visible (idée métaphorisée par l'œil faible de Samuele).

Fuocoammare montre comme jamais comment sont organisés les secours, les diverses étapes des interventions des sauveteurs, très organisées, obéissant toujours aux mêmes ordres, presque au même rituel : les malades d'abord, ensuite les vivants, enfin les morts. Comme jamais parce que Rosi ne filme rien caméra à l'épaule. Sa caméra est posée, les plans sont cadrés. Notre œil, habitué aux images de la télévision, voit alors les choses autrement. Sans dramatisation, sans musique tire-larmes, sans pathos, le cinéaste italien filme simplement des morts, sans aucun voyeurisme, avec un respect admirable. Et puis il y a ce moment absolument poignant, filmé lui aussi sans effet, où le médecin-chef de Lampedusa confie, tout aussi simplement que la mise en scène du film, avec une grande dignité, sa lassitude, son épuisement, son chagrin sans fin, et l'incapacité qu'il a à se forger une armure et à dormir sans que les images des morts ne viennent le hanter. A la fin du film, Samuele baisse son lance-pierre et laisse l'oiseau qu'il visait s'envoler, libre, vivant. [Jean-Baptiste Morain, Les Inrockuptibles]

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